LE PAQUET, de Philippe Claudel

Festival de Théâtre de La Bastille

Un texte de Philippe Claudel, joué à l’origine par Gérard Jugnot ; un comédien, Patrice Osete, imprégné de son rôle ; un cadre exceptionnel, les spectateurs assis sur les grandes marches d’un mini théâtre antique face à la plaine grenobloise, entourée de ses montagnes fétiches. Et une bonne action : soutenir le Festival de Théâtre de la Bastille.

Une soirée douce et intense. Le monologue alterne entre réflexions profondes et dégagements humoristiques et farfelus. L’acteur traîne son paquet. Que recèle-t-il ? Une proche ? Un voisin ?. « Nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, … » ? Une réflexion sur la solitude dans la société moderne.

N’hésitez pas à lire/relire la pièce, elle est dipsonible en téléchargement sur leslibraires.fr ou d’autres sites de e-commerce, et cela prend à peine 45′.

Dernière Mardi 15 Août à La Bastille à 19h. Mais la pièce peut être jouée dans votre appartement ou dans votre maison !

Publicités

JACQUES, Cabaret Frappé, Lundi 17 Juillet

Pourquoi il faut aller voir Jacques à Cabaret Frappé, Lundi 17 Juillet

Primo bien sûr pour sa coupe de cheveux : rasée au milieu et longue sur les tempes. Mais attention il porte souvent une casquette.

Deuxio : pour la qualité de sa musique, cuisine créative mélangeant électro et sons du quotidien, planante et rythmée. Parfaite pour une soirée chaude de juillet balayée par une brise qui agite le feuillage des platanes du Jardin de Ville. Une techno qui peut s’écouter sur un canapé dans sa version album ou dans une transe moite dans sa version Live. Attention c’est très vite addictif !

Tertio : parce qu’il a relevé haut la main le défi lancé par Radio France l’an passé dans le cadre des Journées du Patrimoine, de créer un morceau à partir de sons et de bruits captés dans la Maison de la Radio. « Panneaux de signalisation, poteaux, extincteurs, ascenseurs, tiroirs, câbles métalliques… tout le bâtiment est cogné pour en extraire une banque de sons inédite … ». Dans la radio est devenu non seulement à l’époque son nouveau single mais très rapidement un véritable tube.

Quatro : parce que Pierre Henry est mort le 5 Juillet dernier. Inventeur avec son comparse Pierre Schaeffer de la musique concrète, il fut le précurseur de l’électroacoustique -reconnu par les artistes majeurs de la scène Electro depuis 30 ans comme leur « Papa » –  et le premier à intégrer des bruits, des sons du quotidien, dans ses compositions, ne laissant pas aux seules notes l’exclusivité de faire de la musique. Peu connu du grand public, il se retrouva sous les feux de la rampe pour la suite de danses Messe pour le temps présent conçue pour la création chorégraphique éponyme de Maurice Béjart au Festival d’Avignon 1967. Et son tube Psyché Rock, familier à nos oreilles mais dont sans doute peu de gens connaissent l’origine et le créateur. Non ce n’est pas du Pink Floyd, c’est du Pierre Henry !

Cinquo : parce que Cabaret Frappé c’est gratuit et que mine de rien, on en a pour son argent ! Chapeau !

Cabaret Frappé, 15-20 Juillet 2017, Grenoble, Jardin de Ville

 

TRISTESSES de Anne-Cécile Vandalem

Surprenant, intelligent, créatif … et le message infuse !

Une pièce de théâtre d’une jeune créatrice belge parlant de la montée d’un parti national populiste dans une île perdue au nord du Danemark commençant par le suicide de la mère de la présidente de cette formation. Ah, ça ne vous fait pas envie ? C’est un tort !

La MC2 a instauré cette année un cycle Art et politique dans le quel on retrouve des pièces de théâtre qui ont pour thème la montée du nationalisme, comme Melancholia Europa en janvier qui questionnait la responsabilité des individus dans le succès de l’idéologie fasciste dans les années trente ou cette pièce qui décortique un projet de propagande de la candidate de ce parti de droite extrême. L’ambiance est assez lourde mais en phase avec la poussée des partis nationalistes en Europe et des pronostics des élections dans un certain nombre de pays, dont la France.

Pourtant Anne-Cécile Vandalem qui a écrit, mis en scène et qui joue dans la pièce arrive à captiver le spectateur et même le divertir, tout en réussissant à faire infuser son message.

Plusieurs histoires dans des registres différents

Plutôt que de prendre le spectateur de front en lui assénant un discours militant en continu, la pièce enchevêtre plusieurs récits dans des genres différents. En toile de fond, l’aspect politique qui sous-tend l’ensemble de la pièce, et qui émerge à l’occasion d’une discussion, d’un affrontement familial, ou d’un questionnement sur les raisons de la disparition progressive de la seule usine de l’île et de sa reconversion en studio de cinéma. Lire la suite

NATHALIA MILSTEIN, Le Café des Arts, Grenoble

nathalia_milstein_flyerPetit miracle de la vie quotidienne !

Je ne sais par quel concours de circonstances improbable, le Café des Arts accueillait vendredi 3 mars une jeune pianiste virtuose, Nathalie Milstein, qui, à 21 ans, est couverte de prix internationaux et se produit déjà sur des scènes prestigieuses à Paris, New York et Londres ou aux côtés de l’orchestre philharmonique de Radio France.
Donc l’écouter ici, en savourant une bière, mais dans un silence total et respectueux, pour à peine plus de 10 euros, consommation comprise, fut assez surréaliste. Bien sûr le piano et le restaurant n’ont pas l’acoustique des salles de concert mais il y a une proximité rare : physique d’abord puisque personne n’est à plus de dix mètres et encore ; proximité humaine ensuite car la concertiste est arrivée en toute simplicité en slalomant entre les tables et a pris 5 à 10 minutes avant chacune des deux parties pour présenter les oeuvres qu’elle allait jouer, expliquant le contexte et donnant quelques pistes sur le sens et les images que véhiculent les différentes pièces interprétées.

L’autre différence sensible entre cet espace resserré et une salle de concert est la manière dont on reçoit la musique. Au lieu d’être enveloppé par les sonorités qui s’épanouissent dans un volume large savament étudié et rebondissent sur les murs et le plafond, on prend la musique de plein fouet, d’autant que la plupart des oeuvres jouées étaient puissantes et que Nathalia Milstein y mettait une énergie et un engagement spectaculaires. Lire la suite