RENÉ MAGRITTE, Centre Georges Pompidou, Paris

magritte-la-trahison-des-images-2016-2017_referenceEsthétiquement intellectuel

L’impression qui se dégage après cette visite somptueuse, est que l’on a fait un double voyage, aux pays des concepts et de l’esthétique. L’élégance, la subtilité, les effets contradictoires des tableaux sont mis au service de la réflexion de Magritte sur ce qu’est la représentation et sa fiabilité, et ce qu’elle provoque comme sensation et questionnement chez le spectateur.

On pourrait même organiser sa visite en deux passages : un premier en se laissant séduire par ces peintures paradoxales, mêlant hyper-réalisme et surréalisme, qui se laissent regarder pour leur simple qualité plastique ; un deuxième pour décrypter leur sens et pour plonger dans les interrogations qu’ouvre Magritte sur ce que le spectateur perçoit et sa réalité.

Ceci est bien un tableau !

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La Trahison des images, 1928 | Los Angeles County Museum of Art

On est accueilli par une version d’une de ses oeuvres les plus emblé-matiques et qui a donné son nom à l’exposition, « La Trahison des images ». Magritte y peint de manière extrêmement réaliste une pipe avec ce texte en dessous « Ceci n’est pas une pipe ». En effet aussi fidèlement soit-elle reproduite ce ne sera jamais que la représentation de l’objet et non l’objet lui-même. Réflexion portée à son paroxysme avec les tableaux de mots : puisque les images ne sont que des représentations et que c’est une construction intellectuelle qui les associent à l’objet réel, pourquoi ne pas se contenter simplement du mot qui désigne cet objet plutôt que de le peindre ?

Bien évidemment cela fait abstraction de l’effet sensible que ressent le spectateur face à une image, mais c’est une manière pour Magritte de revendiquer le côté philosophique et intellectuel de son art. Lire la suite

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