OÙ ATTERRIR ?, Bruno Latour

Et comment trouver la piste d’atterrissage ?

La thèse de départ : les climato-sceptiques et leurs phalanges avancées, les climato-négationnistes, œuvrent dans l’ombre depuis des années, et maintenant en plein jour, ayant compris parmi les premiers que la planète étant finie, le dérèglement climatique allait les empêcher de continuer à étendre leur puissance, leur pouvoir et leur soif de profit insatiable. Ils ont trouvé en Trump un leader qui épousait leur vision et qui, grâce à la légitimité conférée par son statut, allait pour voir démanteler une par une, aux Etats-Unis et dans les instances internationales, les initiatives et décisions qui engagent la communauté vers un changement de trajectoire.

Ce livre a été écrit peu de temps après l’élection du président américain et réfléchit aux nouvelles forces qui bousculent la vie politique (ils les appellent les attracteurs) et qui à son avis doivent structurer les nouveaux antagonismes. Il renvoie dos à dos les tenants d’un repli local identitaire et ceux de la fuite en avant globalisée. Bruno Latour prône la prise en compte de ce qu’il appelle le Terrestre comme partie intégrante du fonctionnement de la société, au même titre que l’économie, les forces sociales, les cultures multiples des populations, car nous découvrons que la Nature réagit à notre comportement et qu’elle n’est ni un élément inerte ni une ressource infinie.

Au-delà de ce diagnostic, la difficulté est de réorienter l’axe majeur de la politique de l’historique et traditionnelle opposition droite-gauche – même si elle garde sans doute sa pertinence dans certains combats – à une confrontation entre partisan d’une prise en compte de nos limites terrestres dans la perspective que tout à chacun puisse y vivre de manière digne, moderne, accueillante et socialement équitable et les tenants d’une exploitation mondialisée à leurs seuls profits, sous couvert de la sacro-sainte liberté du marché, du progrès technologique sans fin, voire de la colonisation de planètes déjà desséchées ! Le chemin sera-t-il long ? Le changement de paradigme se fera-t-il et si oui à quel prix ? L’évolution catastrophique du climat et ses conséquences humaines nous mèneront-t-elles au pied du mur contraints et forcés de prendre des décisions drastiques et non démocratiques ?

Sachant qu’il n’y a pas de baguette magique, il termine par un long plaidoyer pour l’Europe, y voyant, de par son histoire, ses cultures, ses ressources et sa position centrale dans les flux de populations, un socle pour bâtir de nouvelles pratiques.

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