BRISER LA GLACE, CNAC Grenoble

Briser la glace AfficheDans l’attente de l’arrivée de sa nouvelle directrice en septembre, Béatrice Josse, très attendue après de nombreux mois de conflits entre la direction et les salariés, le CNAC propose une exposition, gratuite, dont la programmation a été confiée à la Session 25 de l’École du MAGASIN* : en effet le Centre National d’Art Contemporain forme depuis 25 ans aux « pratiques curatoriales », c’est à dire à la gestion des œuvres d’art et à l’organisation d’expositions.

La plupart des œuvres sélectionnées utilisent des objets du quotidien et suggère au visiteur d’interagir. Dès l’entrée il est invité à pénétrer dans cet immense cube fait de rubans, réminiscence de ces rideaux que l’on trouvait aux portes des maisons méridionales et que l’on s’amusait à passer pour sentir les lamelles glissées sur soi. Là on ne franchit pas juste le seuil, on doit traverser une forêt serrée qui vous absorbe et vous caresse, puis CNAC Rideauvous recrache. Les enfants s’y glissent en criant soit par jeu soit pour dominer leur appréhension. De manière assez étonnante l’oeuvre du suédois Jacob Dahlgren s’appelle « The wonderful world of abstraction », alors qu’elle est profondément sensorielle par les couleurs et le toucher. Et cet oeuvre a un effet extrêmement puissant sur ses spectateurs : elle les fait disparaître momentanément de l’exposition !

Quelques mètres plus loin, le visiteur est hypnotisé par une deuxième création deCNAC Cible 2 Jacob Dahlgren, un mur couvert de cibles rondes utilisées dans les jeux de fléchettes. Evidemment on ne résiste pas à l’envie de se saisir d’une de ces fléchettes rouges mises à disposition et de viser une des presque 400 cibles qui composent ce tableau qui évolue au fur et à mesure du passage des visiteurs. Et là soudain, on se rend compte que l’on fait ce qu’en principe on s’interdit habituellement : altérer une oeuvre d’art. Mais exceptionnellement, on ne la profane pas ; on participe, à l’appel de l’artiste, à sa réinvention quotidienne.

CNAC CoussinsIl suffit de se retourner pour se trouver face à un douillet mur de coussins, antinomique de l’installation précédente. Est-ce voulu par le commissariat collectif de cette exposition ou est-ce une coïncidence heureuse qui crée un dialogue impromptu entre deux artistes ?

La dernière oeuvre qui m’a particulièrement saisie la première fois que j’ai visité cette exposition est un ensemble de photos mettant en scène des statistiques de la Banque Mondiale, du FMI et de l’OMS et qui font particulièrement froid dans le dos. D’autant que ces photos de Adelita Husni-Bey sont colorées et utilisent des objets ludiques : Légos, pièces de go, petits soldats en plastique, Smarties, … Par contraste ils sont agencés sur des tables derrière les quelles se tiennent des hommes en costumes cravates, figures de la mondialisatiAdelita Husni-Bey 1on. Malheureusement ces photos ont souffert de la chaleur et ont dû être retirées. Heureusement, elles sont visibles sur Internet, ce qui permet de découvrir en détail chacune des légendes, sèches et dont les photos font ressortir la monstruosité : ici un  rapprochement entre la compétitivité et le taux de suicide des hommes !

Pour terminer un clin d’oeil à l’installation de l’artiste berlinoise Ceal Floyer, une brosse à cheveux qui fait office de micro et qui oblige le visiteur à s’y reprendre à deux fois avant de se rendre compte de la supercherie.

 BRISER LA GLACE, CNAC Grenoble jusqu’au 4 septembre 2016

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