L’HOMME IRRATIONNEL de Woody Allen

L'homme irrationnelDès le générique, avec à sa typographie* inamovible et les notes de jazz qui l’accompagne, le spectateur retrouve le plaisir annuel de se confier à Woody Allen pour qu’il vous entraîne dans son univers et une histoire nouvelle.

Il ne perd pas de temps à poser ses personnages : le professeur de philosophie ténébreux précédé d’une réputation d’homme brillant et tourmenté, et qui accumule les conquêtes, étudiantes comprises. La professeure malheureuse en couple et qui affiche immédiatement ses intentions torrides.
L’étudiante brillante fascinée par la manière peu orthodoxe d’enseigner de Joaquim Phoenix et par ses thèses iconoclastes, et qui se donne la mission urgente de le tirer de son désespoir et de sa désillusion.

Chacune cherche à éveiller le désir sans grand résultat, soit qu’il reste froid soit qu’il résiste. Mais au détour d’une conversation volée, Joaquim Phoenix retrouve une raison supérieure de vivre et apparaît transformé du jour au lendemain.

Woody Allen nous emporte à partir de ce moment dans un tourbillon d’émotions et de rebondissements jusqu’à la scène finale.

Le professeur de philosophie, qui expliquait à ses élèves que la vie donnait de meilleures leçons que la théorie, se confronte, à travers l’acte existentiel par excellence, aux limites de la morale, aux conséquences en chaîne de ses actes et à sa responsabilité qu’il peine évidemment à assumer. L’étudiante qui se grisait de ses audaces et de sa liberté, est ramenée, douloureusement, aux valeurs sociales et éthiques de son éducation.

Bien sûr c’est un film de Woody Allen : tout ceci se passe à Newport, au sein d’une bourgeoisie progressiste et élégante. L’énigme se noue puis se dénoue autour de détails et d’insinuations dont la portée échappe à la plupart des personnages, mais qui met le spectateur dans la position jouissive de voir le puzzle s’assembler.​

Un petit plaisir annuel à ne pas se refuser !

*  pour les amateurs, Windsor Elongated (ou Condensed pour certains films), apparue la 1ère fois dans Annie Hall (1977), abandonnée pour Intérieurs (1978) et reprise définitivement pour Manhattan (1978).

 

 

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