A PEINE J’OUVRE LES YEUX de Leyla Bouzid

BOUZID_Leyla_2015_A-peine-j-ouvre-les-yeux_00A peine un an avant le « Printemps tunisien », Farah, jeune fille de 18 ans au fort caractère est la chanteuse d’un groupe aux textes engagés. Pendant un certain temps on se demande où la réalisatrice veut nous emmener. Il y a bien quelques tensions avec la mère à la fois sur ses sorties et sur son avenir d’étudiante. Il y a les mises en garde d’un personnage ayant visiblement ses relations dans les arcanes du pouvoir. Mais rien de bien significatif dans cette première demi-heure où les concerts s’enchaînent et où Farah et son petit copain tente de vivre au mieux leur relation amoureuse.

Et puis par, petites touches, l’histoire se tend : d’un côté, les alertes se multiplient sur les risques pour le groupe, qui commence à être connu, de continuer à composer des chansons qui parlent clairement de la difficulté de vivre en Tunisie. De l’autre côté, la relation de Farah avec son petit ami fait les montagnes russes. Continuer à lire « A PEINE J’OUVRE LES YEUX de Leyla Bouzid »

NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU MOQUEUR de Harper Lee

Harper LeeA mettre immédiatement entre toutes les mains !

Jusqu’à la semaine dernière je ne connaissais pas Harper Lee, bien que le titre de son roman mythique « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », paru en 1960, réveillait en moi quelques neurones. C’est en écoutant une émission de radio il y a une dizaine de jours que j’ai découvert que son livre, Prix Pultizer 1961, était considéré comme une oeuvre majeure contre la ségrégation et le racisme, le livre le plus étudié dans les établissements scolaires américains, et avait été vendu à 40 millions d’exemplaires dans le monde. Cerise sur le gâteau, il en avait été tiré un film avec Gregory Peck, récompensé de 3 Oscars !

Pourquoi faisait-il soudain l’actualité ? Parce que jusqu’au début 2015, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » était le seul roman d’Harper Lee, et qu’a priori il devait rester à jamais le coup de génie de cette dame âgée aujourd’hui de 89 ans. Mais voilà, après 55 ans de silence, un deuxième roman faisait soudain son apparition, engendrant d’ailleurs quelques polémiques sur sa découverte et même sur son véritable auteur. Comme il se passe 20 ans après le premier roman et met en scène les mêmes personnages, la critique n’a pas manqué de le comparer à son illustre prédécesseur, le jugement, à tout point de vue, étant nettement en faveur du premier.

Flânant dans ma librairie préférée, qui avait profité de cette actualité pour remettre bien en évidence le fameux roman dans sa version Livre de Poche, je n’ai pas résisté. Continuer à lire « NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU MOQUEUR de Harper Lee »

MUSÉE DES CONFLUENCES à Lyon

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Musée des Confluences, Lyon

Figure de proue de cette nouvelle presqu’île dédiée au commerce et à l’art, le Musée des Confluences, inauguré il y a un an, se remarque bien sûr à cause de son architecture, mais s’était déjà signalé par ses retards de construction et son budget qui a quadruplé entre 2000 et 2014. Cela faisait donc plusieurs raisons d’aller se faire sa propre idée sur ce nouveau lieu ayant déjà engendré quelques polémiques.

Pas question en ce qui me concerne de rentrer dans un débat sur ses qualités architecturales, car je n’en ai pas les compétences. A titre personnel, je le trouve simplement magnifique, à la fois massif et élégant, sans doute magnifié hier par cette journée de fin décembre au grand ciel bleu, où la lumière d’hiver est plus douce et plus inclinée que le soleil d’été : la carapace de cette créature métallique juchée sur ces multiples échasses ne vous aveugle pas mais éclaire le paysage de son inox parfois mat parfois brillant suivant l’orientation de ses facettes. Continuer à lire « MUSÉE DES CONFLUENCES à Lyon »

THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE de Adam McKay

Ils ne le croyaient pas eux-mêmes !The_Big_Short_300px

The Big Short raconte l’histoire de 4 financiers de Wall Street qui, l’un après l’autre, ont compris que le marché immobilier était bâti sur du sable et ont décidé, pour des motivations différentes, de parier contre ce marché et contre l’avis de leurs propres institutions. En 2008 comme tout le monde le sait l’échafaudage de crédits pourris conçu pour vendre à tout prix des maisons à des familles sans le sou, s’écroule. Nos 4 financiers, après quelques sueurs froides, ramassent la mise !

On connaissait le résultat et ce qui est passionnant c’est de vivre le cheminement de ces loups de la finance qui détectent la faille, puis, incrédules, vont sur le terrain vérifier l’ampleur du désastre à venir, et en conséquence disposent leur pions dans cette grande partie d’échec, sûrs de leur fait et n’ayant plus qu’à attendre que les fondations s’effritent. Continuer à lire « THE BIG SHORT : LE CASSE DU SIÈCLE de Adam McKay »

STAR WARS, LE REVEIL DE LA FORCE de JJ ABRAMS

Une réussite totale !Star Wars 7

Rarement film aura été autant marketé avant sa sortie. Placer la barre aussi haut augmente le risque de la déception. D’autant que beaucoup de fans des épisodes initiaux étaient dépités de la Prélogie qui essayait de masquer le vide de ses scenarii derrière une débauche d’effets spéciaux et de créatures excentriques proches du ridicule.  Alors qu’attendre de ce 7ème opus réalisé par J.J. Abrams, souvent appelé par les studios d’Hollywood pour relancer les sagas  ?

Pas question de trahir l’histoire bien sûr. Mais on peut le dire : J.J. Abrams a réussi le tour de force de renouer avec l’esprit des premiers épisodes. Comme l’épisode IV, Le réveil de la Force est une quête initiatique portée par un nouveau personnage qui découvre à son grand étonnement la réalité des Chevaliers Jedi, qui étaient plutôt passés du côté du mythe que de l’histoire. Continuer à lire « STAR WARS, LE REVEIL DE LA FORCE de JJ ABRAMS »

LE GRAND JEU de Nicolas Pariser

LE-GRAND-JEU-570Contre programmation choisie en ce soir de déferlante Star Wars : un film français qualifié de « thriller politique » et qui a visiblement enthousiasmé la presse, ou du moins celle que je lis et écoute, Télérama, Libération et France Inter. Cerise sur le gâteau, la critique relève l’importance des dialogues et le temps qui leur est accordé : pour un film qui confronte un écrivain et une éminence grise, on peut espérer quelques envolées sur les coulisses de la politique.

Au final, quelle déception. Passées les premières minutes où effectivement on est plongé directement dans les intrigues montées de toute pièce pour briser un ministre, le film s’effiloche. On espérait que la manipulation initiée par André Dussolier structure en partie l’histoire, nous emmenant dans une partie de billard à plusieurs bandes entre hommes politiques, groupuscules contestataires et serviteurs cachés de l’état. Continuer à lire « LE GRAND JEU de Nicolas Pariser »

YANG YONGLIANG, Musée d’Art Moderne de Paris

Yang Yongliang
Artificial Wonderland

En marge de l’exposition Warhol Unlimited, le MAM accueillait le prix Pictet 2015, qui depuis 2008 récompense des artistes photographes dont les oeuvres ont un lien avec le développement durable. Le thème cette année : « Disorder ».

J’ai été particulièrement impressionné et touché par les compositions du chinois Yang Yongliang, artiste de 35 ans, qui vit et travaille à Shangaï, ce qui a une influence directe et évidente sur son oeuvre. Continuer à lire « YANG YONGLIANG, Musée d’Art Moderne de Paris »

WARHOL UNLIMITED au Musée d’Art Moderne de Paris

Andy WarholAndy Warhol est sans doute l’un des artistes contemporains à la fois le plus et le moins bien connu. L’un des plus connus car il est le premier à avoir ériger le business comme une composante à part entière de son oeuvre, rendant ainsi ses œuvres extrêmement visibles et commentées.  « Being good in business is the most fascinating kind of art » n’a-t-il pas hésité à déclarer. Préparant sans aucun doute le terrain à Jeff Koons qui a poussé ce savoir-faire à son paroxysme.

De plus Andy Warhol s’est beaucoup représenté, faisant que l’oeuvre et l’artiste se sont fait la courte échelle dans cette ascension de la célébrité. Tout le monde connaît Andy Warhol et tout le monde voit un de ces fameux tableaux où il se décline en plusieurs solarisations. Continuer à lire « WARHOL UNLIMITED au Musée d’Art Moderne de Paris »

LE PONT DES ESPIONS de Steven Spielberg

Le pont des espionsUn pont qu’il n’est pas utile de traverser !

Un film de Steven Spielberg avec Tom Hanks, un scénario cosigné par les frères Coen, une critique unanime pour souligner un traitement original et sobre du film d’espionnage : comment résister ?

C’est justement dans ces circonstances que la vigilance devrait grimper d’un niveau et vous faire prendre sur vous pour ne pas se précipiter le premier jour pour voir le film tendance de la semaine. Au risque d’avouer en société « Non je n’ai pas vu le dernier Spielberg » et d’affronter ces regards consternés qui vous jugent vraiment incapables d’apprécier les œuvres de bon goût dont la subtilité vous a évidemment échappé. Continuer à lire « LE PONT DES ESPIONS de Steven Spielberg »

VILLA FLORA et MONET au Musée Marmottan

villa-floraArthur et Hedy Hahnloser sont un couple de collectionneurs suisses qui ont entretenu, au début du 20ème siècle, des relations et une correspondance amicales avec de nombreux peintres français de leur génération (Bonnard, Vuillard, Vallotton, …) et à qui ils ont acheté  de nombreuses toiles.

Tous ces tableaux rejoignaient leur Villa Flora, grande demeure de famille, où ils accueillaient souvent leurs amis artistes. On est transporté dans un autre monde, pour preuve cet extrait d’une interview de leur petite-fille : Continuer à lire « VILLA FLORA et MONET au Musée Marmottan »