Envie d’un film léger, humoristique et intelligent ? Laissez vous tenter par Guibord s’en va-t-en guerre, l’histoire d’un député indépendant du fin fond du Quebec qui se retrouve, à cause de l’hospitalisation mystérieuse d’une député conservatrice et de l’égalité parfaite entre les deux principaux partis politiques, avec la redoutable responsabilité d’être celui qui va décider d’envoyer ou non les soldats canadiens en guerre au Moyen-Orient.
Dès le premier plan on comprend que l’on sera en permanence sur une crête en équilibre instable entre politique et situation cocasse : la permanence du député est à l’étage d’une boutique de lingerie fine qu’il faut traverser pour le rencontrer.
C’est là que se présente Souverain Pascal, un jeune étudiant haïtien, passionné de politique et qui a répondu à une offre de stage. A la grande surprise de Steve Guibord, son futur assistant, sans doute persuadé d’avoir le poste, est tout simplement venu d’Haïti pour l’entretien. Embauché ! Continuer à lire « GUIBORD S’EN VA-T-EN GUERRE de Philippe Falardeau »







Après toutes les affaires révélées depuis des années, ce film traitant de prêtres pédophiles aurait pu malheureusement être tourné dans bien d’autres pays et bien d’autres villes. Sa force particulière tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord la place et le rôle de la religion aux Etats-Unis : elle est un des fondements de la société américaine, comme en témoigne le serment prêté sur la Bible par tout nouveau président américain. Sans parler de ces hommes politiques, on l’a encore vu hier aux primaires de l’Iowa, qui truffent leur discours de références et de remerciements à Dieu. Dans une ville comme Boston le clergé y ajoute une influence financière considérable, infiltré dans tous les milieux économiques, réunissant lors de ses soirées de bienfaisance, les familles les plus huppées de la ville. Et bien sûr l’église tient l’école, de l’éducation intellectuelle et spirituelle à l’encadrement des activités sportives. La tâche est donc particulièrement ardue pour quiconque souhaite faire la lumière sur les pratiques criminelles des prêtres : il a contre lui l’ensemble des institutions, solidaires pour éviter toute vague dans la bonne société, et se heurte même aux grands cabinets d’avocats qui font fortune en négociant des arrangements confidentiels entre les victimes et les autorités religieuses.
Cela est toujours ennuyeux d’aller voir un film dont la critique est unanime et dithyrambique, dont l’une des deux actrices principales a eu la Palme d’interprétation féminine à Cannes et de rien sentir ! C’est même très frustrant car on s’est préparé à vivre un moment sensible, à retrouver une actrice qui nous avait bouleversé dans Blue Jasmine et l’émotion est inexistante.